Le décollage en hélico

Troisième partie : Le décollage

Nous avons vu comment maîtriser notre hélico à proximité du sol en utilisant le pas collectif, le pas cyclique et le rotor de queue. En d'autres termes, on maîtrise le vol stationnaire.

Nous allons maintenant examiner les situations de transition entre les différentes phases du vol en commençant par le décollage.

Il est extrêmement rare (et fortement déconseillé) qu'un hélicoptère passe directement de l'arrêt au sol au décollage direct à plein gaz sur un aérodrome
  1. C'est d'abord une question de sécurité pour les occupants ! Un hélico est une mécanique bien plus complexe que celle de l'avion et avant de mettre plein gaz, l'étape du vol stationnaire permet de constater si tout fonctionne normalement, partant du principe qu'il vaut mieux déceler une panne en étant tout près du sol ...

  2. C'est ensuite une question de sécurité pour les tiers et de politesse ! Au parking, il peut y avoir d'autres appareils, des gens, des bâtiments, des objets non amarrés, des déchets au sol, etc qu'il s'agit de ne pas déplacer / renverser / endommager / projeter par un départ éxubérant.

  3. C'est pour terminer une question de bon sens : En prenant un tout petit peu d'altitude, on peut sentir le vent, observer le trafic, voir les obstacles à franchir, trouver un endroit où se poser d'urgence en cas de problème au décollage, etc ...

  4. D'autre part, si l'aéroport est contrôlé, il y a de fortes chances que la tour nous demande de suivre une procédure particulière qui inclut à coup-sûr une phase de "roulage" (voui, les hélicos doivent aussi parfois faire du roulage !).
    Sur d'importants aérodromes, ou aéroports, les hélicoptères sont bien souvent tenus de suivre au sol les mêmes circuits que les avions, sur les "taxiways" (qu'ils aient ou non des roues), jusqu'au moment où ils sont à proximité de la piste en service. Et pour se faire, il n'y a qu'une solution : le vol stationnaire !
    Ce n'est qu'une fois le lieu de décollage atteint qu'on augmente le pas cyclique pour monter et que l'on pousse le manche en avant pour prendre de la vitesse :


Par contre, dans la "nature", il est évident qu'il n'y a ni tour ni "taxiways", on peut donc faire un décollage direct de la manière suivante :
  1. Mise en vol stationnaire,
  2. Déplacement lent éventuel pour s'éloigner des obstacles,
  3. Orientation contre le vent,
  4. Décollage en augmentant le pas collectif et le pas cyclique vers l'avant.
A ce stade, il faut parler de l'"effet de sol" :

Tant que l'hélico se trouve près du sol (disons pour fixer une ordre de grandeur à moins de trois mètres), il "flotte" sur un coussin d'air situé entre le rotor et le sol. Ce coussin facilite sa sustentation.

Dès qu'il s'élève au dessus de cette altitude, l'effet de sol diminue rapidement et il convient de mettre un peu plus de pas collectif pour maintenir le taux de montée.

De plus, lorsque l'hélicoptère prend de la vitesse horizontale, il va subir une portance supplémentaire du fait que son rotor principal va peu-à-peu agir comme une aile d'avion, au fur-et-à-mesure que sa vitesse augmente. Tant mieux pour nous, on décollera ainsi plus facilement en augmentant notre vitesse horizontale ...
... mais il faudra s'en souvenir durant l'approche car en ralentissant nous allons perdre cette sustentation complémentaire ... mais ça c'est pour plus tard !

Au boulot maintenant !

Nous voilà à la troisième leçon pratique :
LE DÉCOLLAGE

Tout d'abord, j'ai changé d'hélico ! Toujours un Dauphin mais le dernier sorti (des gardes-côtes US).
Tu peux le trouver sur notre page "Hélicos".

Mais revenons à nos moutons !

En l'absence d'autres instructions données par la tour ou par un procédure "hélico" propre à l'aérodrome, le décollage va se passer de la manière suivante, que nous t'invitons à suivre pas-à-pas (on saute pour le moment les check-lists

" Je te suggère de te mettre sur la base d'Hyères (LFTH) sur l'aire de stationnement 2, "Rampe GA petite" (rond rouge), puis de suivre le taxiway jusqu'au départ de la 32 et d'en décoller dans l'axe (trait jaune). On y va !
  • Observation des abords immédiats de l'hélico (personne autour)

  • Mise en marche des moteurs

  • Observation du trafic au sol

  • Mise en vol stationnaire à un mètre du sol

  • Rotation en direction de l'endroit de départ

  • Translation lente vers l'endroit de départ (en suivant les "taxiways" si nécessaire)

       
  • Observation (trafic, obstacles, dégagement, etc)

  • Rotation vers la direction du décollage

  • Augmentation du pas collectif puis rapidement du pas cyclique vers l'avant pour décoller effectivement

  • Montée et translation rapides sur la trajectoire de décollage en puissance maximale. On rentre le train.

     

  • Transition vers le vol de croisière, en palier avec une réduction de la puissance.
    C'est peu avant d'atteindre la vitesse de croisière que l'on commence à bénéficier de l'effet d'"aile" du rotor principal : Il se comporte comme une grande aile circulaire qui génère sa portance de par son avancement rapide dans l'air ambiant, presque indépendamment de sa rotation ...
    ... j'ai dit presque, ne l'arrête pas "juste pour voir" s'il-te-plaît !

  • C'est le moment de diminuer le pas collectif car on en a beaucoup moins besoin.

    A partir de là, tu pilotes ton hélico presque comme un avion.
    Du moins pour les montées, descentes et virages. Pour avancer plus vite, tu t'inclines vers l'avant en augmentant le pas collectif, pour ralentir, tu t'inclines vers l'arrière en diminuant assez sensiblement le pas collectif afin de rester à la même altitude.

Tu verras cependant que le maintien de l'altitude demande plus d'attention que dans un avion, mais quel spectacle et quelle liberté !






On peut même se mettre un pti moment dans le cockpit !
(pendant que Charlie ne nous voit pas ... )

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© 2006-2014 Jacky Brouze, imprimé le 19.9.18 à 0:10 à partir de http://jacky.brouze.ch/Tutos/Helico/cours3.php