L'atterrissage en hélico

Quatrième partie : L'atterrissage

Nous avons vu comment passer du vol stationnaire au vol de croisière, nous allons voir comment faire l'inverse.
Tu peut quasiment reprendre les étapes du décollage à l'envers, c'est pareil !

Un hélico "bien élevé" ne vient pas se poser directement sur le parking en y arrivant avec une vitesse importante.

Même en l'absence de contrôle sur le terrain, il va effectuer sa transition entre vol de croisière et vol lent quasi-stationnaire dans un endroit sûr, éloigné de tous obstacles, autres appareils, personnes et objets divers non amarrés, et sur lequel il a une bonne vision des alentours.

L'approche va se faire généralement en trois étapes :
  1. Diminution importante de la vitesse pour passer sous la barre des 20 noeuds (ordre de grandeur) et stabilisation de l'altitude à une centaine de pieds au-dessus de la surface,

  2. Descente lente à vitesse réduite (<15 noeuds) jusqu'au vol stationnaire (à 1-2 mètres du sol).

  3. "Roulage" en vol quasi-stationnaire (=lent, je dirais max. 15 noeuds) jusqu'au parking.

Lors de la phase d'approche, le pilote fera une orbite (360°) en perdant vitesse et altitude pour
  • repérer les obstacles,
  • voir la nature des abords,
  • la consistance du terrain,
  • et surtout (si l'aérodrome n'est pas contrôlé ou en pleine nature) pour voir de quelle direction vient le vent et estimer sa force.
    Un hélico se pose comme un avion, contre le vent, avec l'avantage que - s'il n'est pas obligé de suivre une trajectoire donnée - il pourra choisir une finale avec le vent exactement de face.
    Dans la nature, il observera l'orientation des feuilles des arbres ou des herbes au sol (non, ce n'est pas facile à faire dans FS ... mais la ligne rouge en haut de l'écran te renseigne aussi sur le vent !).
Comme déjà évoqué lors du décollage, nous allons être confrontés à deux phénomènes :
  • La perte de portance de l'effet "aile" du rotor lorsque l'on quitte la vitesse de croisière,
  • Le gain de portance de l'effet "sol" (ou "coussin d'air") aux alentours de 3 mètres d'altitude.
Encore un truc gratos !
  • Pour faire un atterrissage de précision (c'est-à-dire pour te poser réellement OÙ tu as l'intention de te poser), la vue que t'offre FlightSim (externe comme nous te l'avons appris ou depuis le cockpit) ne te donne pas une très bonne information quant à ta position réelle. Ceci est dû - entre autres - au fait qu'on utilise souvent un facteur de zoom qui a tendance à nous faire croire qu'on se trouve au-dessus d'un objet alors qu'on en est encore passablement éloigné.

    " Il y a cependant une solution pour se positionner précisément ! Il te suffit d'ouvrir une nouvelle fenêtre "vue aérienne" que tu positionneras et dimensionneras à ta meilleure convenance (je la place sur mon second écran) avec un facteur de zoom adéquat pour y voir - par exemple - toute la zone parking d'un aéroport. La petite croix rouge représentant ton appareil te permettra ainsi de savoir exactement au-dessus de quoi tu te trouves. Ça t'évitera la chute vertigineuse le long d'une façade de tour alors que tu croyais être juste au-dessus !

    Evidemment, si tu disposes de Track-IR avec "Vector Expansion", tu n'auras qu'à te "pencher" sur la droite pour apercevoir ce qui se trouve en dessous de ton appareil ...

Comment ralentir un hélico ?

Je rajoute cette partie qui ne figurait pas dans le cours original pour examiner plus en détail comment ralentir l'hélico avant de passer à un niveau plus bas.

Avec un avion, c'est relativement simple car on a plusieurs moyens de ralentir. On peut commencer par diminuer les gaz. L'hélice tirant moins, l'avion ralentit. Si ça ne suffit pas - et à condition d'être à une vitesse qui le permet - on peut sortir les volets voire des aérofreins si on en a.

Dans un hélico, si on diminue "les gaz" (c'est-à-dire le collectif), on le ralentit pas, mais on perd de l'altitude. On n'a pas de volets ni - généralement - d'aérofreins. Il n'y a qu'un seul moyen : cabrer l'appareil pour que le rotor principal ait également une poussée vers l'avant qui a pour effet de ralentir l'hélico.

C'est tout simple, non ???

Eh bien non, ce n'est pas simple du tout ! Examinons ce qui se passe si l'on s'y prend mal :

Que s'est-il passé ?
  1. On veut ralentir
  2. On cabre l'appareil
  3. Il ralentit ... mais IL MONTE RAPIDEMENT !
  4. Si on le maintient comme ceci, il va perdre complètement sa vitesse et on ne pourra même plus l'incliner à nouveau vers l'avant !
  5. Ceci provoque la disparition de l'"effet d'aile", la portance s'effondre, plus moyen de le manoeuvrer, il s'écrase en marche arrière !

Qu'a-t-on fait de faux ?

  • Premièrement on l'a laissé prendre beaucoup d'altitude alors qu'on avait l'intention d'en perdre !
  • Ensuite on l'a maintenu trop longtemps cabré jusqu'au moment où il atteignait la vitesse désirée, mais dans une position qui le rendait totalement inmanoeuvrable !

Comment faire juste ?

  1. On veut ralentir
  2. On cabre l'appareil TOUT EN DIMINUANT LÉGÈREMENT LE PAS COLLECTIF afin qu'il ne prenne pas d'altitude ... enfin pas trop
  3. Dès qu'il commence à descendre, on relâche un peu le manche vers l'avant et on remet un peu de pas collectif pour le maintenir à l'altitude désirée.
  4. On agit par tâtonnement en jouant constamment avec le manche (avant/arrière) pour conserver une attitude correcte tout en restant un peu cabré pour ralentir.
  5. Dès que la vitesse visée est atteinte, on le remet à plat pour soit descendre et se poser délicatement au sol, soit pour se déplacer à vitesse réduite pour rejoindre l'emplacement d'atterrissage en vol stationnaire.
    Et ça on sait faire !
Alors on y va, un peu d'exercice nous fera du bien !

Quatrième leçon pratique :
L'ATTERRISSAGE

Tu es établi à une altitude d'au moins 2'000 pieds au dessus du sol avec une vitesse proche de 100 noeuds, à une distance respectable de l'aérodrome de destination.
  • Tu termines progressivement ta croisière, simultanément en perdant de l'altitude et de la vitesse.
    Tu remarquera qu'en perdant de la vitesse, ton hélico aura tendance à plonger au moment où la portance d'"aile" du rotor disparaîtra. A partir de ce moment tu auras peut-être plus l'impression d'être "suspendu" au rotor que durant le vol de croisière. C'est normal.

  • Si tu tires un peu plus sur le manche pour réduire ta vitesse, observe bien ton altitude, elle risque d'augmenter à la manière de celle d'un avion dont on tire le manche. Profites-en, ce sont les derniers moments durant lesquels hélico et avion se ressemblent un peu.

    Cabré=center
    Pour éviter de remonter, diminue le pas collectif, mais prépare-toi à le remonter lorsque tu reprendra ton assiette horizontale.

Cabré=right
  • Descendant doucement à une altitude permettant de survoler la piste (en général la hauteur de la volte des avions + 500 pieds, la volte elle-même étant entre 500 et 1000 pieds au-dessus du sol), tu seras ainsi bien placé si la tour te demande de procéder par une verticale des installations.

  • Si tu as le choix de la trajectoire, tu vas faire un grand cercle d'observation en te gaffant de ne pas interférer avec le trafic ! Rappelle-toi que tout appareil volant dans le circuit (volte) est prioritaire, même si l'aéroport n'est pas contrôlé !

  • Ce faisant, prend garde à ne pas descendre plus bas que 100-150 pieds et à amener ta vitesse aux alentours des 20 noeuds (et à la conserver !).
    Durant cette phase, évite de faire une descente brutale "en ascenseur", les oreilles de tes passagers risqueraient de t'en vouloir. Profite au contraire pour faire une large courbe d'observation car il est difficile de voir ce qui se trouve en dessous de nous lors d'une descente presque verticale.

  • Lorsque tu te trouves face au vent, en vue du point visé pour le vol stationnaire final, entamme ta finale.

  • N'augmente surtout pas ta vitesse, fais-la au contraire diminuer encore pour attendre moins de 10 noeuds lorsque tu seras à 1-2 mètres du sol. Durant cette transition, tu vas sans doute remarquer qu'une sorte d'arrondi se produit tout seul. Il s'agit de l'effet de sol qui améliore la sustentation de ton hélico.

  • Te voilà ainsi à pied d'oeuvre pour opérer ton "roulage" jusqu'au parking, et ça tu sais faire maintenant ! Non ? Peut-être besoin d'un pti retour aux leçons 1 et 2 ?



  • On ne va pas trop se répéter, mais n'oublie pas de ramener ta vitesse en dessous de 5-6 noeud avant de poser et - après avoir diminué "les gaz" pour te poser - de remettre un poil de pas collectif pour ne pas taper trop fort ...

  • Et lorsque tu te poseras avec un hélico à patins (sans roues) ... tu auras intérêt à ce que ta vitesse horizontale soit inférieure à 3 noeuds !

BRAVOOOOO !!!
C'est beau l'hélico non ?


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© 2006-2014 Jacky Brouze, imprimé le 23.1.18 à 21:01 à partir de http://jacky.brouze.ch/Tutos/Helico/cours4.php